vendredi 27 juillet 2012

mercredi 25 juillet 2012

Le commandement de la grâce

[O professor Andre Loverini é um biblista conhecido no meio academico evangéliico francês. Especialista em grego bíbllico, é um dos tradutores da Biblia Semeur. Estivemos juntos, o que acontece sempre que vou à Montpellier. Ele aceitou escrever para o nosso blog. Muito obrigado, querido mestre de Teologia, vida e ministerio. Jorge Pinheiro].

["Quelle joie c’est encore pour nous de vous avoir revus tous deux! Nous en savourons encore le bonheur avec une grande reconnaissance! Puisque tu m’as  proposé d’envoyer quelques études ou articles, je t’envoie celui-ci, qui a été publié dans le Lien Fraternel de notre Association. Il dit l’essentiel de ce que je pense. J’ai d’autres envois possibles... Je serais reconnaissant d’avoir ton avis, si, du moins, tu as le temps de me lire!
Colette se joint à moi pour vous dire toute notre affection en Christ." André Loverini].
Le titre de cet article aura peut-être surpris. Quand on parle de commandement, en effet, on pense loi. On ne pense pas grâce. Et pourtant... La grâce au commencement
Le commandement n’est pas premier. Les deux récits de la Création disent, chacun à sa manière, que l’œuvre de Dieu n’a d’autre source que son amour. Le point de départ, ce à partir de quoi tout commence, c’est donc la grâce, si nous entendons par là l’œuvre absolument gratuite de Dieu en faveur de sa créature. Il a préparé la Terre, pour en faire la demeure de l’humanité. En celle-ci, il a voulu trouver son « image », non pour jouir du plaisir égoïste que peut procurer un reflet, mais pour donner à des êtres qu’il a appelés à la vie la joie de lui ressembler. L’histoire de la création se conclut sur le verbe donner. « Je vous donne toute herbe qui porte sa semence... et tout arbre dont le fruit porte sa semence » (Gn 1,28). Ce don ne s’arrête pas au présent de l’herbe et de l’arbre, il s’ouvre sur l’avenir de la semence. Promesse de fidélité, sans autre motif que la grâce ! C’est toute la terre, enfin, que Dieu a confiée à l’homme comme à la femme, en leur disant : « dominez sur elle ». Grâce, évidemment : rien n’a été mérité, gagné ou conquis, tout a été donné.
Grâce encore au septième jour ! Le quatrième l’annonce : situé à égale distance du premier et du dernier, entre la lumière initiale et la paix qui clôt le récit, Dieu le choisit pour placer dans le ciel ces « lampes » dont l’un des rôles est de « marquer les fêtes ». Ainsi s’exprime son désir d’offrir à l’humanité, non seulement la régence terrienne, mais la relation aimante avec son créateur. La conclusion est ce jour sans fin, le septième, qui englobe notre histoire entière, y compris notre aujourd’hui, où ne cesse de retentir l’appel qu’a si bien compris l’auteur de la Lettre aux Hébreux : « aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre cœur ! » (Hé 3,7.15 ; 4,7).
Grâce toujours, dans ce merveilleux récit de Gn 2 ! Quel soin Dieu ne prend-il pas de l’homme, en lui offrant le jardin d’Éden, et, déjà, en le pétrissant à partir d’une poussière inerte à laquelle il donne, par son souffle, la vie. Quelle attention que de l’avertir d’un danger possible, alors que tous les fruits du merveilleux jardin lui sont largement offerts! Quelle déférence que de lui laisser le soin de discerner, parmi tous les animaux, s’il est parmi eux quelque créature capable de lui être une « aide et un vis-à-vis » ! Et quel don que cette femme ! si proche et si différente, qui lui apporte ce qui lui manquait, et qui lui offre davantage et mieux encore : la possibilité d’aimer et d’être aimé. Et donc de ressembler à Dieu !
Grâce enfin, jusque dans la tragédie du troisième chapitre ! D’abord dans la délicatesse avec laquelle sont abordés les coupables, ensuite dans la promesse du libérateur (Gn 3,15b), enfin dans le don des fourrures (Gn 3,21) ! Ici apparaît la grâce dans des dimensions qu’elle ne présentait pas auparavant. À la bonté du projet, à la grandeur de la vocation, à la générosité des dons, viennent s’ajouter la compassion − le don des fourrures − et le pardon − la promesse faite à Ève. Au commencement, la Parole
« Au commencement était la Parole ». Par ces mots, Jean signale la participation du « Fils Unique » à l’œuvre de la Création. Il souligne, en même temps, un des points de notre « ressemblance » à Dieu : la parole. Cette ressemblance est une grâce au-delà de toute mesure. Car « Dieu est amour », beauté et bonté inégalables ! Lui ressembler : quel programme ! Mais comment pourrait-on lui ressembler sans aimer, sans aimer comme Lui ? Et comment aimer sans parler ?
Parler, c’est s’exprimer, et donc se dire soi-même, s’offrir en quelque sorte aux autres. Ainsi Dieu, qui « se nomme » à Moïse, s’est déjà nommé dans sa création, pour finir par se nommer en Christ. Jean ne nous dit-il pas, à propos de celui-ci, qu’il est « la Parole de la vie », et qu’en lui « la vie s’est manifestée » (1 Jn 1,1.2) ?
Dieu, le Vivant, a créé l’homme pour que celui-ci puisse vivre devant lui, et donc avec lui. Accordée à l’humanité, la parole va bien plus loin que les échanges utilitaires, si nécessaires soient-ils, qu’elle rend possibles. Elle nous permet en outre de dire le monde, à la louange de son Créateur. Elle est l’instrument de notre pensée, l’outil de notre savoir et de notre sagesse. Elle nous élève sur les ailes de la poésie. Grâce à elle, nous nous rencontrons les uns les autres, nous nous découvrons, et nous pouvons dire notre amour les uns pour les autres. Parler n’est pas seulement s’offrir aux autres, c’est s’ouvrir à eux : aimer, et pouvoir être aimé. Plus encore, la parole rend possible le dialogue avec Dieu. Ici apparaît l’un des aspects les plus extraordinaires (et pourtant nous le vivons dans l’ordinaire de nos jours) de la grâce divine. Non seulement nous pouvons entendre Dieu − s’il n’y avait rien de plus, notre rapport à lui ne pourrait être que celui de subordonnés à un chef, ou d’esclaves à un maître – mais nous pouvons lui parler. Le comble, c’est qu’il nous écoute. Si étonnant que cela puisse paraître, il se met, lui, à notre écoute ! Grâce encore, grâce toujours ! La grâce avant la Loi
La grâce est antérieure à la Loi. C’est « par la foi », et donc par grâce, qu’Abraham a été reconnu comme juste et cela bien avant qu’intervienne la Loi (Rm 4,13 et passim). Rien d’autre ne motive l’appel adressé au patriarche, pas plus que les promesses qui l’accompagnent (Gn 12,1-3). L’amour que Dieu lui porte est entièrement gratuit.
La Loi est venue avec Moïse. Elle est en elle-même une grâce. Elle devait aider le peuple élu à vivre. Mais, après la chute, la nature humaine en fait l’occasion du péché. Dès lors, la Loi peut faire naître en nous le désir de ce qu’elle interdit, nous plonger dans le désespoir de l’impardonnable culpabilité, devenir au contraire l’instrument qui nous permet de nous absoudre tout en condamnant les autres, ou bien nous priver de la liberté que nous a acquise le Christ. Certes, elle « est sainte et le commandement est saint, juste et bon ». Mais elle est impuissante : seule la grâce peut. La Loi nous condamne : seule la grâce pardonne. La Loi « qui devait nous conduire à la vie nous donne la mort » (Rm 7,10). Seule la grâce donne la vie. Nous ne pouvons vivre que par elle. Le commandement suprême.
À un Pharisien qui lui demande : « quel est, dans la Loi, le grand commandement ? » Jésus répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée : c’est là le grand, le premier commandement. Mais un second lui est semblable : ‘‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’’ et il ajoute : « à ces deux commandements sont suspendus toute la Loi, et les prophètes » (Mt 22,35-40). C’est là le grand commandement. Ici se découvrent le cœur, le fond, la réalité à la fois première et dernière. Car de lui dépendent « toute la Loi et les prophètes », autrement dit : tout le message de l’A. T. et son accomplissement en Christ. Ce qui a inspiré la Loi et les prophètes, c’est l’amour de Dieu qui aboutit à la croix.
Ce commandement ne nous dit pas ce que nous devons faire. Il affirme ce que Dieu veut que nous soyons. Non pas des esclaves qu’on ne distingue guère des animaux ; non pas des serviteurs qui obéissent par peur ou par intérêt ; ni des mécaniques privées de toute liberté. Dans le commandement d’aimer, nous entendons, non pas la voix d’un souverain qui exige, comme il en a le droit, l’obéissance, mais celle du Dieu qui, toujours « a aimé le premier » (1 Jn 4,19) et qui veut que nous lui ressemblions.
Serait-ce à dire que nous hésitons à reconnaître la souveraineté de Dieu ?. Loin de nous une telle pensée ! Sans doute existe-t-il des exemples de souverains aimés par leurs sujets. Ce qui caractérise la relation entre un souverain et ses sujets, cependant, c’est le pouvoir, la force, la distance. L’amour n’y est pas nécessaire. Encore moins devrait-il être exigé. Or c’est lui qu’exige le commandement suprême. On pourrait même dire : il n’exige que l’amour. La plus haute exigence
À l’amour vertigineux de Dieu, on ne peut vraiment répondre que par l’amour, et par quel amour ! Nos textes nous le disent, qui convoquent « tout notre cœur, toute notre âme, toute notre force et toute notre pensée ». Un amour absolu, sans limite : le plus haut, le plus désintéressé, le plus intelligent, le plus énergique, le plus exigeant.
Pourquoi une telle exigence ? Parce que l’amour de Dieu a exigé davantage encore de lui-même. Parce qu’il est absolument gratuit, immérité, et ne trouve aucune justification dans les personnes qui en sont les objets. Dieu a aimé ceux qui ne l’aimaient pas, pardonné ceux qu’il aurait dû condamner. Il a accepté la mort du Fils bien-aimé en faveur de ceux-là mêmes qui étaient responsables de son supplice.
Aussi le commandement « tu aimeras le Seigneur » a-t-il plus de force que n’aurait simplement (si l’on peut dire) un ordre souverain. Il nous élève au rang de fils. Il nous introduit dans l’intimité même de Celui qui est amour. Il nous bouleverse, parce que nous découvrons ce qu’est l’amour dans sa vérité. Il nous place devant la croix, ou plutôt devant le crucifié. Crucifié pour nous. Ressuscité pour nous. Et qui a vécu pour nous. Nous sommes les bien-aimés de Celui qui est amour ! Sous le commandement, nous entendons l’appel de celui qui nous aime. La grâce pour vivre
Au légiste qui vient de lui citer « le grand commandement », Jésus déclare : « fais cela et tu vivras » (Lc 10,28). Tu vivras, en effet, parce que tu ne vis pas encore ! Et pour que tu vives vraiment, il faut que tu changes dans « tout ton cœur, toute ton âme et toute ta pensée ». Mais comment s’élever à une telle hauteur ? Comment devenir tels que nous ne sommes pas, tels que Jésus seul a été, tels qu’il est. Nous qui savons si mal aimer, comment pourrions-nous aimer ainsi ? Quel effort de la pensée, du cœur, de l’âme en serait-il capable ? Le commandement nous écrase, l’appel nous paralyse.
S’ouvre alors la porte d’or sur tous les possibles. Car ce que ni la chair ni le sang ne pouvaient, ce dont la loi était incapable, voici que cela nous est « donné ». L’amour, objet suprême du commandement, peut naître dans nos cœurs, non comme le résultat de nos pauvres efforts, mais comme le fruit de l’Esprit. Celui-ci n’habite-t-il pas en nous désormais ? Qui sommes-nous pourtant pour être les hôtes de Dieu ? Incapables, insuffisants, indignes ! Mais tellement aimés !
Le Saint-Esprit œuvre en nous, transformant notre intelligence, rectifiant nos erreurs, débusquant nos illusions, nous introduisant à la pensée de Dieu. Il éclaire à nos yeux les réalités du monde et le projet du Créateur. Il nous rend sensibles à la misère de notre prochain (fût-il le plus riche des humains !), il nous ouvre à l’amour fraternel (fût-ce pour le plus petit de nos frères). Il nous délivre de toutes nos idoles, même de celles que nous ne connaissions pas comme telles. Surtout, il nous découvre toute la profondeur de l’amour que Dieu nous porte, toutes les richesses de sa Parole, toute la noblesse de notre vocation. Ce qui nous était impossible, voici que nous apprenons, peu à peu, à le vouloir, à le désirer, à l’accomplir. Telle est l’œuvre du Saint-Esprit. Mais nous ne sommes pas encore parvenus à la perfection. Sous le poids de vieilles habitudes, devant les révoltes de notre « nature » et la pression du monde, nous nous tournons vers notre Père : « renouvelle-nous la grâce de ton Saint-Esprit ! renouvelle en nous un esprit bien disposé ! Apprends-nous à aimer ! Apprends-nous à t’aimer ! » La grâce pour finir
Tout est grâce dans nos vies en Jésus-Christ ! Et tout, dans nos vies, a pour but ultime de célébrer la grâce, de la manifester, d’en illustrer la suprême beauté. « Nous avons été choisis », en effet, « dès avant la fondation du monde, pour servir à la louange de la gloire de sa grâce ». Plus que la puissance, plus que l’intelligence, plus que la sagesse, plus que l’autorité – qui certes, chacune en son rang, méritent notre admiration −, plus que tout ce qui est au monde, la grâce de Dieu, qui a vaincu le péché, nos ignorances et nos révoltes, la grâce, généreuse jusqu’au sacrifice du Fils Bien-Aimé, peut inspirer nos vies et notre adoration. Elle est, par excellence, la gloire de Dieu.
C’est pourquoi le chrétien se sait libre ; libre de la liberté la plus belle : libre d’aimer vraiment. Aussi ne suit-il pas les principes du monde : il ne cherche ni les honneurs, ni le pouvoir, ni même la reconnaissance. Il donne sans esprit de retour, renonce aisément à ses droits, aime ceux qui le haïssent et bénit ceux qui le maudissent. Il vit selon la générosité de la grâce. Son modèle, c’est, évidemment, Jésus, l’agneau de Dieu, le Sauveur, le Seigneur. La grâce est la source et le couronnement de toute vie vraiment chrétienne. André Loverini

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dimanche 22 juillet 2012

Les baptistes réformés

Les baptistes réformés sont à la fois des baptistes et des calvinistes, et adhèrent normalement aux confessions de foi baptiste de Londres de 1644 et 1689. On retrouve la trace des débuts du baptisme réformé dans l'histoire du baptisme anglais.

Les églises réformées baptistes adhèrent souvent à la confession de foi de Londres de 1689 : les deux déclarations consécutives ne sont pas considérées, normalement, comme exhaustives ou totalement infaillibles, mais considérées plutôt comme un résumé commode de la croyance de la dénomination. Les réformés baptistes essayent de fonder toute leur doctrine directement de la Bible, laquelle est perçue comme l'unique autorité en matière de foi et de pratique.

Les églises réformées baptistes sont distinctes dans le fait qu'elles sont à la fois réformées (adhérant à et montrant du respect pour la plus grande partie de la théologie définie par Jean Calvin) et baptistes (croyant au baptême pour les croyants seuls et celui-ci par immersion). Historiquement, les cinq points du calvinisme sont des principes centraux de la foi réformée, points sur lesquels les églises réformées baptistes sont d'accord par définition. Cependant, la théologie conservatrice réformée est normalement attaché à la théologie de l'engagement, une application de ce qui justifie la pratique du baptême des enfants. Pour ces raisons des branches réformées de la chrétienté (presbytériens, etc.) se demandent si les réformés baptistes sont dans de vrais églises réformées.

Cependant, les réformés baptistes sont distinctement Covenantal dans leur théologie, étant donné que la théologie de la Grâce est construite uniquement sur l'élection. Le Baptême est vu comme le signe de l'administration d'un nouvel engagement - fait avec ceux qui ont été régénérés en ayant la loi écrite dans leurs cœurs, leurs péchés pardonnés et qui, rachetés connaissent le Seigneur (Jérémie 31:31-34). Seulement ceux qui peuvent de façon crédible professer ceci sont baptisés.

Les baptistes réformés modernes se considèrent habituellement eux-mêmes comme les héritiers spirituels des baptistes anglais John Bunyan et Charles Spurgeon. La théologie calviniste du baptisme réformé est semblable à celle qui descend directement des premiers baptistes particuliers.

Les traits communs des baptistes réformés sont:

La position centrale de la Parole de Dieu : Les traditionnelles Écritures (Ancien et Nouveau testaments) sont considérés comme étant la « seule loi pour la foi et le culte ». Cependant, chaque interprétation des Écritures doit toujours avoir des fondations orthodoxes.

Croyance: les anciens croyants (les Apôtres, Nicée et Athanasien), les confessions historiques (Confessions de Londres de 1644 et 1689), aussi bien que les catéchismes (Catéchisme orthodoxe de 1680 et Catéchisme de 1689) sont tous considérés comme des résumés de l'enseignement de l'église mais n'ont pas la même position d'autorité que les Écritures.

Déroulement du culte : chaque élément du culte régulier hebdomadaire doit être expressément commandé par les Écritures. Tout ce qui est expressément commandé doit être inclus. Cela se manifeste dans une liturgie relativement simple.

Théologie de l'alliance: Celle-ci tient du classique contraste réformé entre l'engagement de travail en Adam et l'engagement de la grâce en Christ (le dernier Adam) - et l'élu qui sera uni à Lui. Cet engagement éternel de la Grâce est progressivement révélé à travers les engagements historiques bibliques.

Il est considéré qu'il n'y a pas d'autre autorité terrestre dans l'église que le corps local des anciens. Cependant, traditionnellement les assemblées "s'associent" avec d'autres assemblées de même sensibilité. Ces "Associations" sont formées sur la base d'une doctrine commune (normalement la seconde confession de Londres de 1689). Les assemblées qui professent le contraire de ce qui est considéré comme orthodoxe sont exclues de l'Association.

Il y a deux charges, l'aîné et le diacre. Chaque église locale a plusieurs aînés (soit la pluralité des aînés). Pour les baptistes réformés, ce corps local des aînés est traditionnellement appelé le presbytère (à ne pas confondre avec la définition presbytérienne de presbytère). Le pasteur est également considéré comme un des aînés. Le presbytère d'habitude est concerné par les questions spirituelles de l'église, pendant que le diaconat est concerné par les affaires matérielles des membres de l'église et la question matérielle de la propriété de l'église.

La révélation des Écritures saintes (Apôtres, prophètes, faiseurs de miracles) sont considérés par de nombreux réformés baptistes comme un fait qui a cessé de se produire, et les dons sont considérés comme des mesures souverainement concédés par Dieu à un moment précis, à ne pas considérer comme une chose commune. Ceci est un rejet du revivalisme en général et du pentecôtisme spécifiquement. Cependant, il y a de nombreux baptistes qui se confessent comme étant des calvinistes mais qui rejettent le cessationisme.

Le dimanche, appelé habituellement « jour du Seigneur », est considéré comme le seul jour saint de la chrétienté. Chaque dimanche, les baptistes réformés croient qu'ils doivent se reposer de tout travail et affaire terrestre, assistent au culte public (appelé "Rencontre" par les traditionalistes). Malgré des déclarations claires dans leurs confessions, il n'y a pas de plein accord parmi les baptistes réformés à propos de savoir si oui ou non la détente est admissible le dimanche, mais c'est rarement débattu et chaque opinion est souvent admissible…

Baptistes calvinistes

Le terme "réformée" est vu parfois par les confessions réformées comme ayant pour seul but de préciser une croyance quand il s'agit de décrire une croyance qui est confessionnel.
Confessionnel, il s'agit de ceux qui sont tenant d'une des confessions de foi réformée historique, et pour les baptistes la confession baptiste réformée la plus usitée, proche de la Confession de foi de Westminster, est la confession de foi de Londres de 1689. D'autres confessions approuvées par les réformés baptistes comprend la première confession de foi baptiste de Londres (1644/46) (qui se différencie avec celle de 1689 par l'usage de la Théologie de la Nouvelle Alliance, la confession de foi baptiste du New Hampshire de 1833, et le message et la foi baptiste tenant de la Théologie de l'alliance, pour la plupart de ses confessions. Celle de 1646 s'en éloigne par l'usage de la Théologie de la Nouvelle Alliance.

Les dénominations réformées voient souvent les baptistes comme non confessionnels, particulièrement ceux qui évitent la Théologie de l'alliance, qui ont une sotériologie calviniste (concept du salut), pour être mieux décrits comme des "baptistes calvinistes" ou "des baptistes de la grâce souveraine". Selon ce point de vue, en tenant compte des cinq points du calvinisme cela n'en fait pas des “reformés” dans une pleine définition. Des points de vue similaires parmi ceux qui se considèrent eux-mêmes comme "de vrais réformés" existent dans d'autres traditions réformées (comme dans le cas du presbytérianisme).

De fait, les réformés acceptent les réformés baptistes comme "réformés" mais pas comme "calvinistes", étant donné qu'ils ne partagent pas les vues de Jean Calvin sur les sacrements.

Réformés baptistes célèbres

Isaac Backus – révolutionnaire anglais, délégué au premier congrès continental.
Alistair Begg –pasteur américano-écossais de l'église Parkside de Cleveland et professeur au ministère radiophonique "Truth for Life"
Abraham Booth- pasteur réformé baptiste anglais du xviiie siècle, auteur influent
James Petigru Boyce –pasteur baptiste du sud, théologien, auteur, professeur de séminaire et fondateur et premier président du séminaire théologique baptiste du sud Southern Baptist Theological Seminary
John Bunyan – écrivain puritain du xviie siècle, auteur du Voyage du pèlerin
Henri Blocher - pasteur et théologien réformé baptiste français (xxe siècle-xxie siècle)
Steve Camp – artiste contemporain de musique chrétienne
William Carey – missionnaire en Inde et co-fondateur de la société missionnaire baptiste (Baptist Missionary Society)
Mark Dever –pasteur de l'église baptiste Capitol Hill (Capitol Hill Baptist Church) Washington et executive director of 9Marks Ministries
Mark Driscoll – pasteur de l'église Mars Hill (Mars Hill Church) de Seattle
John Gill – théologien
John Gano – baptiste. Administra le baptême par immersion à George Washington au cours de la révolution américaine.
Adoniram Judson missionnaire réformé baptiste américain en Birmanie.
R. Albert Mohler, Jr. – neuvième président du séminaire théologique baptiste du Sud (Southern Baptist Theological Seminary)
William Kiffin,théologien du xviie siècle et précurseur du baptisme réformé
John Piper – pasteur de l'église baptiste Bethlehem à Minneapolis et fondateur de la Desiring God Ministries.
Charles Spurgeon – prédicateur anglais du xixe siècle.
Gen. Robert Overton – ami personnel de Cromwell.
James White (théologien) –apologiste chrétien, directeur de l'Alpha and Omega Ministries

Bibliographie

Confession de foi réformé baptiste de 1689, 1994, Europresse, 94 p.

En anglais
Ces livres sont écrits dans une perspective réformée baptiste:
History of the English Calvinistic Baptists 1791-1892, par Robert Oliver (2006), ISBN 0-85151-920-2
Kiffin, Knollys and Keach - Rediscovering our English Baptist Heritage, par Michael A. G. Haykin (1996), ISBN 0-9527913-0-7
An Introduction to the Baptists, par Erroll Hulse (1976), ISBN 0-85479-780-7
Baptist Roots in America, par Sam Waldron (1991), ISBN 0-9622508-3-X
Exposition of the 1689 Baptist Confession of Faith, par Sam Waldron (1989), ISBN 0-85234-268-3
In Défense of the Decalogue: A Critique of New Covenant Theology, par Richard Barcellos (2001), ISBN 978-0965495592
A Reformed Baptist Manifesto, par Sam Waldron et Richard Barcellos (2004), ISBN 978-0976003908

Ft: Wikipedia

jeudi 19 juillet 2012

Le protestantisme et ses valeurs*

Stéphane Gariépy

L'adhésion des écoles chrétiennes de foi évangélique à la confessionnalité protestante a conduit progressivement bon nombre d'évangéliques québécois à s'identifier au fait protestant. Alors qu'il y a une vingtaine d'années, beaucoup d'évangéliques hésitaient à se dire protestants, cette idée est de plus en plus admise et on se reconnaît aujourd'hui volontiers des liens avec l'histoire des franco-protestants en Nouvelle-France et au Canada. Cela est particulièrement vrai dans le milieu scolaire où on réfère à des valeurs protestantes qu'on désire à la base de la vie de l'école. Mais que signifie donc être protestant ? Quelles sont les valeurs-clés du protestantisme et en quoi cela peut-il influencer notre vision de l'éducation? Afin de tenter une réponse à ces questions, nous ferons un petit voyage historique au 16e siècle et, avec l'aide d'ouvrages de référence actuels, nous tâcherons de cerner quelques caractéristiques du protestantisme qui peuvent nous guider dans notre façon d'approcher l'éducation protestante.

L'origine du protestantisme

La fin du 15e siècle, début du 16e siècle en Europe était caractérisée par une fébrilité religieuse provenant d'un sentiment de besoin de Dieu faisant suite à un enchaînement de famines, épidémies et guerres, souvent interprétées comme des châtiments divins (Saupin, 1998). Pour le “ chrétien ” de l'époque, non instruit et résigné, le paradis se révèle non seulement difficile à gagner par sa pratique religieuse, mais devient même un triste objet de marchandage de la part de l'église catholique qui va jusqu'à vendre des indulgences (document de rémission des péchés) à ses fidèles qui doivent les acheter à fort prix afin d'augmenter leurs chances d'entrer au ciel. À l'intérieur de l'église catholique, entre théologiens, ainsi que dans le monde philosophique – la philosophie humaniste naît d'ailleurs à cette époque – , plusieurs questions sont l'objet de débats. Des tendances s'établissent, certains souhaitant une réforme interne de l'église catholique avec l'établissement d'églises nationales mais toujours liées à Rome, d'autres désirent des réformes majeures, quitte à provoquer une division si l'Église romaine persiste dans ses erreurs.

Bien qu'à travers les siècles nombreux sont les croyants qui n'acceptaient pas l'autorité de Rome et que d'autres schismes aient eu lieu, c'est à Martin Luther (1483-1546) qu'est attribuée l'initiative de la Réforme. Maître en philosophie de l'université d'Erfurt (Allemagne), Martin Luther entre dans l'ordre religieux catholiques des Augustins en 1505, ce qui le conduit à Wittenberg, où il enseigne à l'université. En 1515, il commence ses commentaires des épîtres de Paul qui l'amènent à sa doctrine du Salut par la Foi seule. En 1517, il affiche sur les portes du château de Wittenberg ses “ 95 thèses ” où, entre autres, il dénonce la vente des indulgences. Cet événement constitue le tournant majeur qui marque le début de la Réforme. Dans les années qui suivent, Luther écrit divers textes dans lesquels il affirme l'autorité de la seule Écriture sainte et précise la doctrine de la justification par la foi. Excommunié en 1521, il est alors protégé par Frédéric de Saxe au château de la Wartburg, où il entreprend la traduction en allemand de la Bible. D'autres réformateurs se joindront à Luther dans ce mouvement, dont Jean Calvin en France et Zwingli en Suisse, malgré l'existence de dissensions sur un certain nombre de points.
Cathédrale protestante Notre-Dame de Lausanne

Le protestant et le protestantisme

Le terme protestant est généralement attribué à l'attitude de protestation adoptée par les partisans de Luther à la diète (une forme d'assemblée politique) de Spire en 1529 où l'empereur Charles Quint affirma sa volonté de maintenir l'unité catholique du Saint Empire romain germanique en luttant contre la diffusion de cette “ hérésie ” condamnée par la papauté en 1521. Rappelons qu'en plus de reconnaître la souveraineté de l'Écriture Sainte, les protestants rejetaient l'autorité du pape... Il faut noter que, si le terme de Réforme englobe toutes les écoles de protestantisme dans l'Europe du 16e siècle, celui de Réformés désigne plus spécifiquement les calvinistes qui suivent les idées de Jean Calvin. Aujourd'hui, le protestantisme désigne l'ensemble des Églises chrétiennes issues de la Réforme et ce qui s'y rapporte, ainsi que les Églises de confessions non issues de la Réforme mais qui en partagent les principes fondamentaux. Le protestant est le chrétien qui appartient à l'une ou l'autre de ces Églises, qu'il soit évangélique ou non.

La Réforme est basée sur un retour aux Écritures pour certains aspects importants de la foi chrétienne. Mais, comme le Schisme d'orient du 11e siècle a engendré les églises orthodoxes, distinctes du catholicisme, la Réforme a conduit à la création d'églises, dites réformées, ayant conservé certaines caractéristiques majeures du catholicisme. Quelques-unes de ces caractéristiques sont, selon le cas, le baptême des enfants, l'existence d'un clergé, ainsi qu'une forte tendance à associer religion et pouvoir, allant jusqu'à imposer leur nouvelle foi comme religion d'état (notamment en Allemagne et en Suisse). Ainsi, de manière contradictoire avec certains principes que certains d'entre eux défendaient au départ, plusieurs réformateurs ont fait montre d'une très grande intolérance vis-à-vis les autres confessions, bien sûr envers le catholicisme, ce qui a conduit à bon nombre de conflits armés, mais également à l'égard de groupes de chrétiens historiquement plus près des Écritures, les anabaptistes. Ceux-ci, précurseurs des confessions évangéliques, subirent la persécution des chrétiens réformés eux-mêmes – particulièrement de Zwingli et de Calvin – dès le début de la Réforme, incluant de nombreuses exécutions.

En effet, parallèlement à l'histoire des églises chrétiennes dominantes ou officielles – église catholique, église orthodoxe, églises réformées luthérienne et calviniste, église anglicane –, à travers les siècles des communautés de chrétiens sont demeurés attachés aux enseignements de Jésus-Christ et des premiers disciples. Citons, par exemple, les Vaudois, Albigeois, Lollards et Hussites, ainsi que les anabaptistes, déjà mentionnés. Les évangéliques, dont l'identité voire la légitimité en tant que confessions chrétiennes se précisera plus tard historiquement face aux religions reconnues, ne s'associent donc pas toujours au protestantisme, bien que partageant certains éléments de foi. Malgré les persécutions, entre autres parce qu'ils pratiquaient le baptême des croyants (et non des enfants), le mouvement des anabaptistes s'est prolongé chez les mennonites et les baptistes, à l'origine de plusieurs confessions évangéliques d'aujourd'hui. Au Québec, on réfère parfois aux Huguenots qui ont contribué au début de la colonisation de la Nouvelle-France. Les Huguenots n'étaient pas nécessairement des évangéliques dans le sens contemporain du terme. Huguenot, du mot allemand Eidgenossen (qui signifie confédéré, référant aux confédérés suisses), est un nom péjoratif donné par les catholiques aux calvinistes en France au 16e siècle.

Les éléments fondamentaux du protestantisme

Le protestantisme se veut une attitude commune de pensée sur certains aspects de la foi et de la vie, un mouvement, davantage qu'une religion ou un ensemble doctrinal. Malgré la diversité historique et culturelle qu'il représente, le protestantisme n'est pas pour autant un concept fourre-tout. En effet, le protestantisme réfère à un ensemble d'éléments-clés dont trois sont fondamentaux :

• la justification (obtention du salut) par la foi et non par les œuvres ;
• la souveraineté absolue de la parole de Dieu;
• le sacerdoce universel des croyants (qui exclut l'idée de clergé ordonné).

De ces trois éléments, c'est la troisième affirmation qui a provoqué la rupture avec l'Église romaine, car remettant en question son autorité absolue. En effet, selon le principe du sacerdoce universel, il ne peut exister une différence de nature entre les chrétiens. L'Écriture est intelligible à tous les croyants et les liens directs avec Dieu par la prière et par la méditation de la Parole rendent inutiles l'existence d'intermédiaires ou de prêtres. Les leaders spirituels, utiles pour conduire l'éducation religieuse vers la Vérité, ne peuvent prétendre à aucune supériorité sacrée. Cette affirmation de l'égalité religieuse a abouti au rejet d'une église ordonnée, c'est-à-dire d'un clergé ayant reçu, par le sacrement de l'ordination, une grâce divine spécifique qui lui réserve le monopole de certains rites comme la célébration de la messe ou la rémission des péchés.

Il peut être difficile, dans le contexte nord-américain de liberté de pensée et d'expression, de saisir la portée de ces trois éléments-clés. L'esprit de la Réforme est cependant très bien illustré par la locution latine post tenebras lux, qui signifie “ la lumière après les ténèbres ”, aujourd'hui devise de la Société biblique de Genève. En effet, la Réforme est venu jeter une lumière sur un monde dominé par l'ignorance, la superstition et la peur. Cette locution suggère que le peuple, maintenant éclairé par le libre accès à la connaissance de la Parole de Dieu, à Dieu sans intermédiaire et à son salut par la foi, ne pourra plus se laisser dominer par les abus de l'autoritarisme religieux et le mensonge de ses dogmes, abus dramatiques par leurs conséquences tant éternelles que terrestres.

Si dans notre compréhension de chrétien évangélique de la fin du 20e siècle, prépondérance de la Bible, salut par la foi et sacerdoce du croyant nous semblent des notions évidentes, il ne faut pas oublier que c'est dans des circonstances adverses, dans un mouvement de dénonciation d'abus, de protestation et d'affranchissement à l'égard de l'Église catholique qu'ils ont été énoncés et, pour plusieurs protestants, au prix de leur vie. Par ailleurs, nous nous devons d'être responsables quant à l'usage de l'épithète protestant et réfléchir à ses implications, positives et négatives, qui peuvent aller jusqu'à remettre en question certains réflexes et valeurs présents dans la culture chrétienne évangélique québécoise pouvant dériver davantage du catholicisme que du protestantisme.

Quelques valeurs protestantes

Le contexte historique de l'origine du protestantisme comme ses principes fondamentaux lui confèrent un ensemble de caractéristiques et de valeurs qui lui sont propres. Ainsi, des trois propositions de base du protestantisme découlent des valeurs importantes, largement admises comme étant protestantes. Ces valeurs sont très bien mises en évidence dans la préface du volume intitulé Éduquer les enfants – une vision protestante de l'éducation (Smith, 1998). Le tableau qui suit, inspiré de ce volume, résume un ensemble de valeurs qui ont une portée éducative et qui résultent des trois éléments-clés du protestantisme.

Caractéristiques confessionnelles protestantes et quelques “valeurs-clés” qui en découlent

La Souveraineté absolue de la Parole de Dieu
L'Écriture sainte est la référence prépondérante en matière de foi et de vie. La Bible, dans laquelle chacun trouve un sens pour sa vie, est une source productrice de valeurs mais aussi une source critique des valeurs. L'Église est accompagnatrice de cette recherche plutôt que seule “ interprète ”.

• Inclinaison vers la quête personnelle de sens
• Responsabilité individuelle et autonomie
• Importance de la formation du jugement personnel; goût pour l'examen critique
• Passion de la vérité dans tous les domaines, incluant les dimensions morale et spirituelle; goût de la découverte, de l'émerveillement
• Émancipation, ouverture culturelle

La justification (salut) par la foi et non par les oeuvres
Le salut ne dépend pas des qualités ni des mérites. Le salut est un don (une grâce), la foi est une réponse libre et responsable de l'homme à un appel de Dieu..

• Respect du cheminement personnel et liberté de conscience, chacun ayant sa valeur, sa dignité
• Égalité fondamentale entre tous les hommes, créés à l'image de Dieu; recherche de la justice
• Message général de confiance (grâce) à l'égard de l'homme; appel à la solidarité dans la société
• Altruisme, responsabilité, recherche du mieux-être de la communauté et de l'humanité, utilité

Le sacerdoce universel des croyants
Chaque chrétien est sacrificateur pour Dieu et a ainsi, dans l'Église, une place égale, même si une fonction différente est confiée à chacun.

• Droit à l'opinion personnelle et à la parole; droit à la contestation
• Partage du savoir et du pouvoir (démocratie, collégialité, congrégationalisme...)
• Refus du totalitarisme, de l'absolutisme, du dogmatisme
• Appel à s'évaluer, à se réformer sans cesse


Adapté de Smith (1998)

Le protestantisme a eu une influence majeure sur l'éducation. À l'époque réservée essentiellement aux mieux nantis, les Réformateurs ont voulu démocratiser l'éducation en rendant disponible au peuple la lecture et l'écriture afin qu'il puisse avoir accès aux Écritures. Ainsi, comme Wycliff en Angleterre quelques siècles plus tôt, Luther traduisit la Bible en allemand, en plus de produire de nombreux commentaires et études. Dans une vision protestante de l'éducation, chaque individu est seul responsable des choix qui guideront sa vie dans sa quête personnelle de sens, tant dans les questions spirituelles, matérielles que politiques (politique étant pris dans son sens noble, i.e. relatif à la société organisée, à la cité, au gouvernement de l'État). Le protestant a confiance dans les Écritures, source de vérité. L'assurance de sa foi dans l'unité de la vérité lui donne la sécurité requise pour découvrir avec émerveillement le monde créé par Dieu et pour chercher des réponses à des questions fondamentales sans faire appel à des réponses toutes faites; cette sécurité lui permet aussi d'accepter l'émergence de croyances qui échappent à son contrôle, d'où la possibilité d'une ouverture culturelle. Ainsi, l'ouverture à la connaissance, en particulier des Écritures, le développement et l'exercice du sens critique ainsi que la passion de la vérité dans les divers domaines constituent-elles des valeurs protestantes fondamentales.

Dans la conception protestante du monde, l'Homme a été créé à l'image de Dieu, ce qui lui confère certains caractères divins dont l'affectivité, la capacité donner la vie, la créativité, le libre-arbitre. Le protestantisme, par un retour à une compréhension biblique de l'être humain, a contribué à lui redonner sa dignité d'Homme, sa liberté de conscience et une possibilité d'accès à un sens à la vie. Le respect de la conscience individuelle, du cheminement personnel (qui conduit – suivant l'appel de Dieu – au salut par la foi), en somme du libre-arbitre donné par Dieu est une autre caractéristique protestante incontournable. À la lumière et en conséquence de la grâce accordée par Dieu, qui justifie l'homme par la foi, le protestantisme appelle également à un amour envers le prochain. Avec la reconnaissance de la dignité et de la nécessité du travail, il en résulte un désir d'améliorer son sort comme celui de sa communauté et de l'humanité en général. Humaniste dans le sens où elle reconnaît la valeur de l'être humain et désire son épanouissement, l'éducation protestante recherche la libération tant de la personne que de la société.

Tel que mentionné plus haut, le sacerdoce du croyant est la principale proposition de la Réforme qui a conduit à la rupture avec l'église de Rome. Avec le sacerdoce du croyant, il n'existe pas d'intermédiaires obligés entre l'homme et Dieu, ni de personnes, de lieux et d'institutions sacrées. Ainsi, personne ne peut se poser en “gardien du temple”, en détenteur du pouvoir ou du savoir unilatéralement, autoritairement, infailliblement (Smith, op.cit.). Ce point essentiel du protestantisme conduit au refus de tout absolutisme, de tout totalitarisme, de tout système de soumission qui s'imposerait à la conscience. Le protestantisme reconnaît le pluralisme et la pluralité des approches personnelles et, à l'opposé des systèmes basés sur la soumission et le pouvoir, il recherche la mise en place d'organisations collégiales, sans autorité hiérarchique en matière religieuse. Enfin, contrairement au dogmatisme romain figé rejeté lors de la Réforme, le protestantisme se veut un mouvement qui appelle sans cesse croyants et organisations à réviser leurs positions en évitant de reproduire simplement par habitude des modes de fonctionnement.


Conclusion

Par ses valeurs révolutionnaires à plusieurs égards, la Réforme a eu une incidence énorme en matière d'éducation en occident. Connaissance de la lecture et de l'écriture, liberté de conscience, développement de l'esprit critique et de l'autonomie, ouverture culturelle, appel à la solidarité et à la responsabilité sont quelques-unes de ses valeurs aujourd'hui à la base même de beaucoup de sociétés modernes. Plusieurs valeurs protestantes identifiées sont même intégrées dans des programmes éducatifs nationaux – comme c'est le cas au Québec – et, ironiquement, dans les projets éducatifs d'écoles de foi catholique! Mais qu'en est-il de l'école protestante elle-même? La confessionnalité protestante de l'école chrétienne a des implications profondes quant aux valeurs éducatives qui devraient être à la base de l'éducation des enfants et quant à la vie de l'école en général, en particulier dans la relation école-parents-églises. L'école chrétienne présente l'avantage de croire dans les Écritures qui donnent force aux valeurs protestantes, lesquelles, comme on a pu le constater, vont au-delà de l'éducation à la moralité et de l'évangélisation. Notre identification au protestantisme nous invite à un examen profond de nos façons de penser et de faire à la lumière des valeurs protestantes de manière à faire de l'école protestante le milieu par excellence d'éducation à ses valeurs.


Références

Broadbent, E.H., 1985. L'Église ignorée. La Collection Le Chrétien d'Or, Éditions Copiexpress, 444 p.

Mair, N.H., 1980. Recherche de la qualité à l'école publique protestante du Québec, Comité protestant, Conseil supérieur de l'Éducation, Québec.

Ministère de l'Éducation du Québec, 1992. Les valeurs éducatives protestantes. Comité protestant, 27 p.

Smith, G.(éd.), 1998. Éduquer les enfants – une vision protestante de l'école. Ouvrage collectif sous la direction de Glenn Smith, Les Éditions du Sommet, Québec, 207 p.

Saupin, G., 1998. L'Édit de Nantes en 30 questions. La Petite Bibliothèque de France, Ministère des affaires étrangères, disponible sur Internet.


15 mars 1999
* Avec permission de l'auteur


EGLISE PROTESTANTE D'IXELLES

Rue du Champ de Mars - 1050 Bruxelles
Tél. : 02 510 61 98 - >>> website


EGLISE PROTESTANTE DE BRUXELLES-BOTANIQUE

Boulevard Bischoffsheim, 40 - 1000 Bruxelles
Tél. : 02 468 59 59 - >>> website


PROTESTANTSE KERK BRUSSEL

Nieuwe Graanmark, 8 - 1000 Bruxelles
Tel. : 02 512 03 67 - >>> website


FACULTE UNIVERSITAIRE DE THEOLOGIE PROTESTANTE DE BRUXELLES

A l'initiative de quelques Pasteurs belges, des cours de théologie furent offerts aux étudiants entre 1942 et 1944 pour suppléer l'impossibilité, à l'époque, de suivre un enseignement dans d'autres pays. Ravivant les traditions de l'Académie réformée de Gand (1578-1584), la faculté fut fondée en 1950 par l'Union des Eglises Protestantes Evangéliques de Belgique et la Conférence belge de l'Eglise méthodiste sous la vigoureuse impulsion du Pasteur Schyns, de l'Eglise du Musée. Du home Becker, qui appartenait à notre Eglise, la nouvelle faculté se transporta par la suite au Boulevard de la Cambre avant de s'établir, en 1965, dans son propre bâtiment, rue des Bollandistes. Elle fut reconnue par arrêté royal comme institution d'enseignement supérieur universitaire en 1963 et se compose de deux sections: l'une francophone et l'une néerlandophone. Sa vocation est de dispenser un enseignement bilingue de niveau universitaire en vue de la collation des grades de licencié et de docteur en théologie protestante reconnus par l'Etat.
Notre église entretient des liens historiques et permanents avec la Faculté. Si l'un de ses anciens Pasteurs fut à l'origine de sa fondation, un autre, le Pasteur F. Hoyois, le fondateur de la Chorale Royale Protestante, y reçut le grade de docteur honoris causa; actuellement un de ses Pasteurs y enseigne. Par ailleurs, l'Eglise du Musée accorde régulièrement son soutien financier à cette institution.

40, rue des Bollandistes - 1040 Bruxelles - Tél. 02-735.67.46 - Fax 02-735.47.31

>>> Website : www.protestafac.ac.be


INSTITUT JEAN CALVIN

Rue des Bollandistes, 40 - 1040 Bruxelles
Tél. : 064 54 18 00

>>> Website : www.institutjeancalvin.be


COMITE INTERRECLESIAL DE BRUXELLES (C.I.B.)

Extrait de la charte du C.I.B. :
« Les participant(e)s reconnaissent partager une foi commune en Dieu et en Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur, dans l'Esprit-Saint, selon le témoignage de l'Ecriture. Reconnaissant la diversité (parfois accentuée) de leurs conceptions et expressions théologiques ou écclésiales, les participant(e)s expriment leur volonté de vivre en communion fraternelle les uns avec les autres, étant donné qu'ils se trouvent appelés à témoigner dans une même cité. Dans la situation particulière de l'agglomération bruxelloise, les participant(e)s prennent conscience de la nécessité d'un service commun dans la cité. »

>>> Website : www.c-i-b.be


Des Pays-Bas :

EGLISES WALLONNES

Les Eglises wallonnes fondées aux Pays-Bas à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle sont des églises calvinistes dont les membres étaient orginaires des Pays-Bas méridionaux (aujourd'hui la Belgique). Ils ont fui l'inquisition et on pouvait compter plus de 43 églises dans les nouvelles provinces-unies indépendantes. Elles servirent également de refuge à de nombreux huguenots qui fuirent la France à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685.
On compte encore aujoud'hui 14 églises en fonction. N'hésitez pas à les visiter et faire vivre ce témoignage lors de votre passage aux Pays-Bas.

>>> Website : http://www.

Hier

Venant des XVI Provinces des Pays-Bas et du Royaume de France les protestants, surtout les wallons, fuyaient la persécution et l'intolérance. Dans leur magnanimité les Rois et les Reines qui se sont succédés sur le trône d'Angleterre ont permis à ces persécutés de trouver ici un asile sûr afin qu'ils puissent vivre en toute tranquillité, adorer Dieu selon leurs consciences et vaquer en paix à leurs occupations professionnelles. Cette hospitalité s'est exprimée dans le bon accueil réservé à ces réfugiés dans la Crypte de la Cathédrale de "Cantorbéry", l'Eglise-mère de la Communion Anglicane.

Le 14 novembre 1662, le Roi, en sa Cour de Whitehall ayant réuni son Conseil, a décidé de confirmer et de prolonger la permission accordée antérieurement à l'Eglise Wallonne d'utiliser la Crypte de la Cathédrale de Canterbury. Comme signe de cette hospitalité, la clef de la Chapelle du Prince Noir est, depuis lors, confiée à chaque Pasteur lors de son installation.


Aujourd'hui

Lors de l'affiliation de l'Eglise à l'Eglise Protestante Unie de Belgique, M le Pasteur H. R. Boudin prononça, le 20 juin 1999, les paroles suivantes:

"De nos jours, une nouvelle situation se présente pour le protestantisme. Nouveauté pour tout le monde certes, mais plus particulièrement pour l'Eglise protestante unie de Belgique. C'est le passage à l'Europe consciente et organisée. Sans maximaliser à outrance l'affiliation de Cantorbéry au Brabant francophone, relevons cependant que cette mesure fraternelle est une preuve tangible de cette nouvelle émergence.

Les citoyens belges d'allégeance protestante se chiffrent vers les 2%, soit une minorité dans l'ensemble de la population. Mais dans l'Europe des Quinze, les protestants sont estimés à 30%.

La sphère d'influence de l'Eglise protestante unie de Belgique s'étend désormais jusqu'à englober le Kent et même au-delà. En effet, à la mi-mai, nous avions l'honneur de vivre un évènement spontané, lorsque, à la demande de descendants irlandais de réfugiés huguenots, nous avons présidé le premier culte réformé francophone organisé depuis 185 ans au coeur de Dublin.L'Eglise protestante unie de Belgique s'étend, via Cantorbéry, vers l'Irlande. Ce passage à l'Europe signifie la métamorphose d'une situation minoritaire en une autre situation, où les 30% déjà cités peuvent devenir une force agissante, une force qui compte et dont il faudra tenir compte.

Depuis qu'aux XVIe et XVIIe siècles les Eglises protestantes des Pays-Bas méridionaux ont subi une saignée à blanc par l'émigration vers des lieux où fleurissait la liberté, le protestantisme belge a pris l'habitude de vivre d'une manière micro-minoritaire avec un esprit empreint de provincialisme et de vues à limites paroissiales. Cette situation de petitesse a ses inconvénients, mais bien sûr aussi des avantages dont celui de ne pas faire peur, ni d'exercer un cléricalisme étroit, qui cherche non seulement à gendarmer ses propres fidèles, mais à imposer ses vues aux autres.

Replacé dans le cadre européen par contre, ce n'est plus la même chose. Le protestantisme belge va devoir sortir d'un certain isolement. Isolement tout relatif d'ailleurs, car depuis le XVIIIe siècle, il vit des contacts internationaux avec ses coréligionnaires des pays voisins.

Désormais la présence de Cantorbéry parmi les communautés de l'Eglise protestante unie de Belgique ouvrira une modeste fenêtre par delà la Manche. Certains auteurs disent que ce que l'on a appelé l'Internationale huguenote, perdure et est bien vivante."

Les cultes, en français, ont lieu chaque dimanche à 15h dans la Crypte. Vous êtes tous invités à y participer.

Paloma no Mont Blanc

jorge pinheiro

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Les soleil et les jardins