mercredi 6 février 2013

Le bonheur à tout prix

LE BONHEUR A TOUT PRIX

Pasteur : Didier Roca - Eglise Evangélique Baptiste de Montpellier (France)

proverbes 3:1-15

"1 Mon fils, n’oublie pas mon enseignement et que ton cœur garde mes commandements,
2 car ils prolongeront la durée de tes jours, les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix.
3 Que la bonté et la vérité ne t’abandonnent pas: attache-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur.
4 Tu trouveras ainsi grâce et bon sens aux yeux de Dieu et des hommes.
5 Confie-toi en l’Eternel de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur ton intelligence!
6 Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits.
7 Ne te prends pas pour un sage, crains l’Eternel et détourne-toi du mal:
8 cela apportera la guérison à ton corps et un rafraîchissement à tes os.
9 Honore l’Eternel avec tes biens et avec les premiers de tous tes produits!
10 Alors tes greniers seront abondamment remplis et tes cuves déborderont de vin nouveau.
11 Mon fils, ne méprise pas la correction de l’Eternel et ne sois pas dégoûté lorsqu’il te reprend,
12 car l’Eternel reprend celui qu’il aime, comme un père l’enfant qui a sa faveur.
13 Heureux l’homme qui a trouvé la sagesse et l’homme qui possède l’intelligence!
14 En effet, le bénéfice qu’elle procure est préférable à celui de l’argent et le profit qu’on en tire vaut mieux que l’or.
15 Elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tout ce que tu pourrais désirer."

La recherche du bonheur fait partie d'une quête commune à tous les hommes.
Chaque personne, chaque génération, quels que soient son milieu social, sa culture, sa situation géographique recherche le bonheur.

Il y a malgré tout quelques problèmes de taille à résoudre. Tout d'abord, il faudrait se mettre d'accord sur ce qu'est réellement le bonheur et là il y a de fortes chances pour que nous ayons beaucoup de mal à mettre tout le monde d'accord.

Beaucoup affirment avec force que le bonheur n'existe pas et que l'homme peut, tout au plus, espérer de profiter des bons moments d'une vie pas toujours très charitable. D'autres ne pensent même pas au bonheur, parce que toute leur énergie est mise dans une survie de chaque instant. Nombreux sont ceux qui ont une vision romantique du bonheur. La littérature française de ces trois derniers siècles regorge de ces (belles ?) histoires dans lesquelles le bonheur se cherche toujours et se trouve parfois dans les relations "homme femme" : expositions du sentiment amoureux dans tous ses labyrinthes, tentatives de mettre en place les pièces d'un puzzle éternel qui reste malgré tout un mystère.

Le bonheur se trouve-t-il enfin dans la réussite sociale ? Dans l'amassement effréné de biens de toutes sortes ? Pour finir, le bonheur est-il dans la célébrité et la reconnaissance des foules ?

Nombreuses sont les questions que nous pourrions continuer de poser. Immense est le tableau de cette humanité qui cherche le bonheur sur tous les chemins du plaisir, de la réussite, de la philosophie … et de la religion.

Il n'est pas question pour moi de me lancer dans un traité philosophique sur le bonheur. Je suis un homme heureux. Malgré les difficultés - nombreuses et parfois rugueuses - de l'existence, je suis un homme heureux. J'ai une épouse merveilleuse. Mariés depuis 34 ans, ensemble nous avons eu 4 filles, 4 perles qui sont autant de cadeaux. Toujours ensemble, nous traversons la vie avec ses bons moments et ceux qui le sont moins. Comme le sage de la Bible, j'ai juste envie de dire : "Le seul bonheur, pour l’homme, consiste à manger, à boire et à se donner du plaisir dans son travail, mais cela aussi, je l’ai bien vu moi-même, dépend de Dieu." (Ecclésiaste 2:24). Sans doute trouverez-vous que ma vision du bonheur est très restrictive, mais je suis un boulimique de la vie, dans laquelle je croque à pleine dents. Je suis aussi prêt à me battre pour que chaque instant de mon existence, soit heureux et jamais je ne baisserai les bras.

Parler du bonheur est particulièrement difficile.

Alors, je me suis tourné vers la Bible. J'y ai trouvé un message qui m'a quelque peu déstabilisé, mais qui m'a ouvert les yeux sur la pensée de Dieu.

Le peuple d'Israël avait tout pour être heureux ! Dieu, son Dieu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob venait de le faire sortir d'Egypte, la Mer des Roseaux s'était ouverte pour le laisser passer et en se refermant, elle avait détruite l'armée du Pharaon. Le peuple d'Israël est désormais libre, il est en route vers la terre promise, vers ce bonheur qui le fuit depuis 400 ans. Pourtant, à peine arrivé dans le désert, le peuple murmure contre Moïse et contre Dieu : l'eau de la source (Mara) est amère (Exode 15:23-24). Le peuple connaît la puissance de ce Dieu qui vient de le libérer. Il a vu de quelles plaies les Egyptiens ont été frappées, il est aussi passé au milieu de la mer qui s'est refermée derrière lui. Mais à la première difficulté le peuple murmure … aurait-il déjà oublié la puissance et la ferme volonté de son Dieu ? En fait, le peuple d'Israël ne laisse même pas à Dieu le temps d'intervenir, que déjà il se révolte. Par l'intermédiaire de Moïse, de cette eau qui est impropre à la consommation, Dieu en fera une eau pure.

Incapable de mesurer la valeur de la liberté que Dieu lui offre et même de la savourer, incapable de compter les bienfaits de Dieu, incapable de s'attendre à Dieu dans une attitude de foi sereine, le peuple d'Israël fera de la révolte et de la revendication son mode de communication préféré avec Dieu, ce qui lui vaudra quelques châtiments dont certains furent terribles. L'invasion des serpents au milieu du campement d'Israël (Nombres 21) figure parmi les plus révélateurs. Alors que Dieu ne voulait que son bonheur, ce que nous voyons dans le désert, c'est un peuple insatisfait qui préfère les coups de fouet des Egyptiens, les privations et les durs travaux de l'esclavage, à la présence Dieu au milieu de lui, à la protection de Dieu, à la bénédiction de ce Dieu qui le nourrit et qui le guide vers la réalisation de ses promesses. Dieu se révèle à son peuple par sa Parole il fait alliance avec lui en lui disant : "Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison d’esclavage." (Exode 20:2) Mais alors même que Dieu est en train d'écrire les paroles de cette alliance sur des tables de pierre, le peuple fabrique un veau d'or et se prosterne devant son idole aux cris de : "Israël ! Voici ton dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte." (Exode 32:4).

Mais il y a plus … ou pire. Le plan de Dieu, c'était de faire sortir le peuple du désert de le faire entrer dans la terre promise à Abraham. Un pays magnifique, une terre prospère, c'est le rapport fait par ceux qui l'ont explorée : la seule difficulté, ce sont ses habitants : "un peuple puissant, des villes fortifiées et grandes et quelques géants" (Exode 13) qu'il faudra chasser.
A l'écoute de ce rapport, au lieu de se saisir par la foi des promesses de Dieu, au lieu de s'appuyer sur la puissance de Dieu et de se préparer à combattre pour conquérir le pays promis, Israël manquera de foi, de courage … attendant que tout lui tombe dans la main, sans combat et sans effort, une fois de plus, le peuple murmurera : "Si seulement nous étions morts en Egypte ou dans ce désert! Pourquoi l’Eternel nous fait-il aller dans ce pays où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits enfants deviendront une proie? Ne vaut-il pas mieux pour nous retourner en Egypte? Et ils se dirent l’un à l’autre: Nommons un chef et retournons en Egypte." (Nombres 14:2-4). A la suite à ces événements, Israël sera condamné à vivre dans le désert pour les 40 années suivantes : jusqu'à ce que disparaisse toute la génération d'adultes qui est sortie d'Egypte.

Par manque de foi, par passivité, se trompant sur Dieu et sur lui-même, Israël est passé à côté de la bénédiction de Dieu et du bonheur immense de prendre possession de ce que Dieu avait promis.

Il est difficile de parler du bonheur. Parce que c'est un concept finalement assez vague qui ne cesse d'évoluer d'un siècle à l'autre et d'une culture à l'autre. Si je me fie à mon dictionnaire, je ne suis pas très avancé pour autant.

Voici ce que dit par exemple le Larousse (célèbre dictionnaire français) : "Bonheur - état de complète satisfaction, de plénitude - Chance, circonstance favorable - Joie, plaisir liés à une circonstance."

Il faut avouer que c'est là une bien pauvre définition pour une chose à laquelle le monde entier aspire. Et je me dis que si le bonheur n'est que la recherche d'une satisfaction ou de la plénitude, il est alors normal que la surface de la terre soit tapissée de personnes insatisfaites, voir désespérées, parce qu'elles n'arrivent que trop rarement (sinon jamais) à cette totale satisfaction et si elles y arrivent, elles ont bien du mal à s'y tenir, parce qu'il suffit de bien peu de choses pour que disparaisse ce bonheur éphémère.

Des mots pour dire le bonheur ?

Dans la bible, on ne trouve finalement que peu de textes qui mentionnent le bonheur, comme si l'Ecriture voulait rester discrète sur ce sujet. L'Ancien Testament ne donne aucune définition du mot "bonheur", c'est même un mot qu'il semble ignorer et là où les traducteurs de la Bible disent "bonheur", on trouve cinq mots différents qui disent autre chose.

1er mot : GAD – c'est le nom que porte un des enfants de Jacob et de Zilpa la servante de sa femme Léa. On traduit généralement ce mot par bonheur, mais en fait il s'agit plutôt de ce qu'on appelle "la bonne fortune". Cette opportunité qui fait que certains moments de la vie nous plongent dans une joie profonde : "Zilpa, la servante de Léa, donna un fils à Jacob. Léa dit: « Quel bonheur! » (gad) et elle l’appela Gad. (Genèse 30:10-11).

2ème mot : NAWIM – on traduit parfois ce mot par bonheur, mais on le traduit aussi par "délice". Il désigne ce qui est plaisant, agréable, doux, charmant (comme un chant par exemple). "Tu me fais connaître le sentier de la vie; il y a d’abondantes joies dans ta présence, un bonheur (nawim) éternel à ta droite. ("des délices éternelles")" (Psaume 16:11).
3ème mot : YATAB – ce mot désigne le fait d'être joyeux, il introduit aussi la notion de jouissance que l'homme peut avoir dans sa vie. "Cependant, souviens-toi de moi quand tu seras heureux (Yatab) et fais preuve de bonté envers moi: parle en ma faveur au pharaon et fais-moi sortir de cette maison." (Genèse 40:4).

4ème mot : - ESHER – ce mot parle du mouvement, ou de la marche pour être heureux ou encore des actes qui nous conduisent à être heureux. "Celui qui méprise son prochain commet un péché, mais celui qui a pitié des plus humbles connaît le bonheur (esher)." (Proverbes 14:21).

5ème mot : TOBE – c'est ce qui est agréable, plaisant et qui procure un certain bien-être, c'est aussi le bien-être qui vient d'une certaine prospérité. C'est ce dont il est question dans texte : "Oui, le bonheur (tobe)et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et je reviendrai dans la maison de l'Éternel jusqu’à la fin de mes jours." (Psaume 23:6) ceci pour dire qu'en présence du berger, la vie devient agréable et prospère. De même dans ces paroles : "Celui qui se montre attentif à ce qui est dit trouve le bonheur …" (Proverbes 16:20). "Celui qui trouve une femme a trouvé le bonheur (tobe); c’est une faveur qu’il a reçue de l’Eternel." (Proverbes 18:22)

C'est enfin toujours ce mot (tobe) qu'on trouve le plus souvent traduit par bonheur dans l'ensemble de l'Ancien Testament et notamment dans livre de l'Ecclésiaste (Ecclésiaste 2:1, 2:24, 3:12, 4:8 …). "Je me suis dit dans mon cœur: « Allons! Essaie la joie et tu goûteras au bonheur! (tobe)» J’ai constaté que cela aussi, c’était de la fumée." (Ecclésiaste 2:1).

Ces cinq mots expriment le fait que tout au long de sa vie, l'homme est invité à tout faire pour être heureux. C'est-à-dire qu'il doit vivre le moment qui passe, saisir chaque moment de joie, de plaisirs, les provoquer si nécessaire et les recevoir quand on les lui offre. C'est pourquoi, dans la plupart des textes bibliques où se trouvent ces mots cités précédemment, il est surtout question pour l'homme de faire. L'homme est en action pour faire son bonheur, il se bat pour son bonheur, c'est-à-dire pour se rendre heureux, mais en sachant que ce bonheur là est aussi un passage, un instant plus ou moins long de sa vie. Parfois, ce combat (parce que ça en est un) est long, difficile, parce qu'il faut vaincre quantité d'obstacles et d'épreuves, pour espérer être heureux.

C'est l'Ecclésiaste qui me semble le mieux définir cela dans la parole déjà citée : "Le seul bonheur (tobe), pour l’homme, consiste à manger, à boire et à se donner du plaisir dans son travail, mais cela aussi, je l’ai bien vu moi-même, dépend de Dieu." (Ecclésiaste 2:24).

Le bonheur : fantasme ou supercherie ?

L'ensemble de cette réflexion nous amène loin de la conception romantique du bonheur qui est l'exigence d'une sorte de plénitude qui descend sur l'homme ou qui prend possession de lui … jusqu'à le détruire parfois. Le bonheur est finalement un grand fantasme ou une supercherie. Victor Hugo (grand écrivain français du 19ème siècle) a écrit ceci : "Le bonheur est vide, le malheur est plein." Ainsi, le bonheur se fait souvent sentir quand il est absent. Mais son absence ne vient-elle pas du fait que l'homme ne cherche pas du bon côté pour le trouver ?

Le Nouveau Testament n'apporte pas plus d'éclaircissement à cette notion de bonheur, sinon que lui aussi parle du plaisir et de la joie. Les mots (en Grec) du Nouveau Testament qu'on traduit par "bonheur", sont encore moins nombreux que ceux de l'Ancien Testament (en Hébreu).

On cite souvent ce texte dans les Eglises : "Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir." (Actes 20:35). L'apôtre Paul dit que c'est une parole prononcée par Jésus-Christ. En fait, nous sommes là dans le bonheur (makarios) que procure la bénédiction de Dieu, qui descend sur celui qui fait preuve de générosité. C'est un mot (makarios) qu'on retrouve également dans la lettre que Paul écrit aux chrétiens de Galatie qui étaient tentés de revenir à l'observation de la loi de Moïse : "Où donc est l’expression de votre bonheur (makarios)?" (Galates 4:15). Sous entendu (et pour être bref) : "où est l'expression de la bénédiction que vous avez reçu ?"

Quand, s'adressant à l'Eglise de Rome, Paul dit : "Constamment je demande à Dieu d’avoir enfin, dans le cadre de sa volonté, le bonheur d’aller chez vous." (Romains 1:10). Ce n'est pas le même mot qu'il utilise et dans ce texte, ce qui domine, c'est plutôt la notion d'une joie intense (euodoo) que celle du bonheur.

En conclusion et pour vous provoquer, vous lecteurs, je dirai ceci : si vous cherchez le bonheur qui est fait de plénitude ici bas, dans les mêmes lieux et dans les mêmes circonstances où cherchent les hommes, vous risquez fort de ne pas le trouver. S'adressant à Dieu, Jérémie dit ceci : "Tu m’as enlevé la paix, j’ai oublié ce qu’est le bonheur (tobe)." (Lamentation 3:17 ). Sans la paix que Dieu donne, il n'y a pas de bonheur ici bas, quels que soient les plaisirs dont on peut jouir par ailleurs.

Vous cherchez à vivre le bonheur ? Cherchez-le au bon endroit !

On peut-être chrétien et vivre de profondes insatisfactions et déceptions. On peut-être chrétien et être profondément frustré. On peut-être chrétien et vivre dans une tristesse permanente et épuisante. Et je parle là d'un état permanent, ou général et non de ces tristesses que produisent les épreuves de l'existence.

Finalement, le bonheur, ne peut venir que de la relation de chaque croyant avec Dieu. Jésus-Christ était en paix avec son Père et aucune de ses épreuves, aucune de ses souffrances, n'ont pu altérer sa communion avec Lui. Sa nourriture, ce qui construisait sa vie ici bas, c'était de faire la volonté de son Père (Jean 5). Je suis conscient que je ne fais qu'effleurer cette notion du "bonheur", et je vous avoue avoir été étonné de découvrir que finalement on en parle si peu comme la Bible en parle. Alors pour terminer, comme base de réflexion, je reviens à ce texte du livre des Proverbes qui figure en tête de ma réflexion.

Comme premier acte de bonheur voici ce que je vous propose.

Vivre dans l'alliance avec Dieu.

"Mon fils, n’oublie pas mon enseignement et que ton cœur garde mes commandements, car ils prolongeront la durée de tes jours, les années de ta vie, et ils augmenteront ta paix." (Proverbes 3:1-2).

L'auteur du livre des Proverbes n'avait que les textes de la loi de Moïse pour comprendre la perfection de la sainteté de Dieu, la force infinie de sa toute puissance et l'immensité sans limite de son amour. Mais par l'écoute de ces textes, il savait aussi que c'était dans le vécu de l'alliance avec Dieu qu'il trouverait le bonheur.

Nous avons dans l'Ecriture (Ancien Testament et Nouveau Testament) toute la révélation de Dieu : sa puissance, sa sainteté, son amour, sa justice, la manifestation de sa grâce en Jésus-Christ, la promesse de son Royaume, l'assurance de sa présence en nous par le Saint-Esprit et bien d'autres choses encore, alors posons-nous la question : Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?

Vivre notre foi.

"Que la bonté et la vérité ne t’abandonnent pas: attache-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur. Tu trouveras ainsi grâce et bon sens aux yeux de Dieu et des hommes." (Proverbes 3:3-4).

Connaissant par la Parole de Dieu, ce qu'Il aime et ce qu'il désapprouve, ce qui nous édifie ou ce qui nous détruit dans notre relation avec Lui et avec notre prochain : vivons notre foi ! "Mettez en œuvre votre salut avec crainte et profond respect." (Philippiens 2:12) dit l'apôtre Paul aux Philippiens. Pour mémoire, je vous rappelle, que toute la loi de Dieu est contenue dans ces deux commandements, qui sont semblables : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu … Tu aimeras ton prochain comme toi-même." (Matthieu 22:38-39).

"Confie-toi en l’Eternel de tout ton cœur et ne t’appuie pas sur ton intelligence! Reconnais-le dans toutes tes voies et il rendra tes sentiers droits." (Proverbes 3:5-6). Il n'y a rien d'autres dans ces paroles qu'une invitation à la foi, un appel à se tourner vers Dieu pour qu'il règne sur chaque croyant. Si Jésus-Christ est le Sauveur, il veut aussi être le Seigneur (et non pas un dictateur) de chaque personne qui a foi en lui. Le Christ ressuscité est le Seigneur, celui qui conduit et qui protège, celui qui guide sur le chemin de son Royaume et sur le chemin de la liberté. Il est enfin celui qui donne sa paix.

La paix avec Dieu est le bonheur véritable

"Ne te prends pas pour un sage, crains l’Eternel et détourne-toi du mal: cela apportera la guérison à ton corps et un rafraîchissement à tes os." (Proverbes 3:7). La paix avec Dieu, la communion avec le Père, cette paix que Dieu donne à celui qui la demande, c'est là la guérison essentielle et suffisante.

"Tu m’as enlevé la paix (shalom), j’ai oublié ce qu’est le bonheur (tobe)." (Lamentations de Jérémie 3:17 ). Ce mot "shalom" décrit un état de plénitude, de perfection, de paix et de satisfaction totale : ne serait-ce finalement pas ça le bonheur ?

Christ ressuscité est notre paix (Ephésiens 2:14). En lui se trouve le pardon, la réconciliation avec Dieu et parfois avec nous-mêmes. Il est la guérison de nos blessures les plus profondes.

La générosité.

"Honore l’Eternel avec tes biens et avec les premiers de tous tes produits! Alors tes greniers seront abondamment remplis et tes cuves déborderont de vin nouveau." (Proverbes 3:9-10). Lorsque nous regardons ce que Dieu a accompli pour nous, nous ne pouvons qu'être confondus par la folle générosité de son amour. En Jésus-Christ, tout est grâce. Nous ne pouvons rien racheter de ce qu'il nous offre. Les offrandes que nous mettons dans le tronc ou la collecte d'une Eglise ne sont pas un paiement de sa grâce (sinon ce ne serait plus la grâce). Nos offrandes ne sont pas un impôt, une espèce de "denier du culte". Nos offrandes ne sont et ne peuvent être que l'expression de notre amour, de notre reconnaissance et de notre générosité.

Appeler les chrétiens à la générosité s'impose comme une évidence. Nous ne pouvons nous dispenser d'être généreux dans nos offrandes et dans l'offrande de notre vie. Puisque notre vie appartient à Dieu le Père, alors nous n'avons rien à retenir pour nous-mêmes. L'expression de notre reconnaissance ne peut se manifester que par le fait de vivre joyeusement et paisiblement en lui, mais aussi par cette reconnaissance qui nous pousse à lui offrir notre vie et donc une part de nos biens : parce que tout vient de lui.

Suivre l'éducation qui vient de Dieu

"Mon fils, ne méprise pas la correction de l’Eternel et ne sois pas dégoûté lorsqu’il te reprend, car l’Eternel reprend celui qu’il aime, comme un père l’enfant qui a sa faveur." (Proverbes 3:11-12). Nous sommes pécheurs, et nous les resterons tout le temps de notre vie. Le père, c'est aussi celui qui éduque son enfant, qui l'encourage et qui le reprend quand il s'égare. Le chrétien reste une personne libre, par conséquent, il a toujours le choix de faire la sourde oreille et d'écarter le regard de Dieu de sa vie, ou au contraire de se rapprocher toujours plus de Dieu.

Mais la paix (shalom) se trouve toujours dans la liberté que je laisse à Dieu pour Dieu agir en moi. Dieu nous connait, il sait tout de nous. David prie ainsi : "Examine-moi, ô Dieu, et connais mon cœur, mets-moi à l’épreuve et connais mes pensées! Regarde si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l’éternité!" (Psaume 139:23-24)

La sagesse

"Heureux (esher) l’homme qui a trouvé la sagesse et l’homme qui possède l’intelligence! En effet, le bénéfice qu’elle procure est préférable à celui de l’argent et le profit qu’on en tire vaut mieux que l’or. Elle est plus précieuse que les perles, elle a plus de valeur que tout ce que tu pourrais désirer." (Proverbes 3:-13-15).

La sagesse c'est le "hokma" en Hébreu. Dans la version grecque de l'Ancien Testament, ce mot est "logos" : qu'on traduit aussi par "parole".

Jésus-Christ est le logos de Dieu, il est la Parole : tout a été créé par Lui et pour lui. "La Parole est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueillie. – écrit Jean - Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu." (Jean 1:11-13)

Vivre en Jésus-Christ ressuscité, là est le bonheur, parce que là est la paix.
Dieu appelle l'homme à vivre pleinement la paix de Dieu (shalom) ici bas : le Christ a donné sa vie pour que ce soit possible. Cette paix profonde se trouve dans la communion avec le Christ ressuscité (l'alliance), à l'écoute de sa parole (sagesse). C'est par sa vie et la générosité de sa foi que chaque chrétien manifeste qu'il appartient au Christ. A ses pieds est notre joie. Dans la marche avec Lui (Hébreux 12:1-2), se trouve le bonheur, parce que Jésus-Christ, le berger, conduit son peuple sur le chemin du Royaume, le pays de la promesse.

- Didier Roca -
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